Explications d'auteurs

qui nous dévoilent des clés de lecture de leurs oeuvres.

Nous reprenons dans cette page les livres écrits exclusivement par des auteurs de littérature (poésie y compris) qui ont eux-mêmes écrit sur leurs livres afin d'en comprendre le sens, d'y lire plus que le texte lui-même, et d'en connaître pour certains le sens caché. Il ne s'agit pas d'éléments autobiographiques ou de littérature en général, mais bien spécifiquement d'explications sur leurs livres. Leurs explications de texte sont à la fois directement à la source de leurs oeuvres, et corrélativement sans déformation de critiques littéraires (même si souvent le travail de critique complète, ajoute, explique les propos de l'auteur qui n'a pas toujours le recul suffisant entre lui et sa production littéraire).
Pour d'autres lectures sur les mathématiques et la littérature, voici trois textes sérieux glanés sur le web :
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AUTEUR & TITRE COMMENTAIRES

Jacques Roubaud

E (appartient)

Ce livre (que nous présentons dans ce site) est expliqué par son auteur dans lequel il écrit un mode d'emploi de lecture (c'est une partie de Go en sonnet ou inversement), et également la disposition des sonnets et des coups (chaque pierre), ainsi que les symboles mathématiques. 361 sonnets avec toutes les variations possibles, y compris en versification.

Edgar Allan Poe

Génèse d'un poème (Le Corbeau)

L'auteur écrit les effets stylistiques pour produire le plus effet poétique possible, tant sur la notion de beau, de poésie, d'effet recherché, que de versification recherchée. Il emploie lui-même le terme mathématique à la composition de ce texte de 108 vers. Son texte, Génèse d'un poème, détaille en 8 pages, le sens du beau en poésie, et la construction de son texte (versification, organisation...) A l'instar d'écrivains dont les brouillons sont foisonnants, E.A. Poe a voulu donner une forme la plus parfaite possible à son texte.

Il écrit lui-même : "Je crois pouvoir me vanter [...] qu'aucun point de ma composition n'a été laissé au hasard, et que l'œuvre entière a marché pas à pas vers son but avec la précision et la logique rigoureuse d'un problème mathématique."

Lecture ici du texte Génèse d'un poème, traduction C. Baudelaire.

Raymond Roussel

Comment j'ai écrit certains de mes livres/ Impressions d'Afrique / Nouvelles impressions d'Afrique / Locus Solus)

En un livre en deux parties, dont la première (15 pages) est consacrée au procédé de création littéraire, Raymond Roussel nous dévoile les jeux de langage, de construction des mots qu'il emploie dans ses deux principales oeuvres, exemples à l'appui. Néanmoins, la construction formelle des Nouvelles impressions d'Afrique n'est pas évoquée (jeux de parenthèses) et d'autres personnes s'y sont tentées pour décrypter les imbrications du texte. Il peut paraître étrange que Raymond Roussel, par un tel titre, n'ait finalement laissé que peu d'explications sur la construction de son livre (il a été plus concret sur jeux de langage que sur la forme).

André Gide

Le journal des faux-monnayeurs

André Gide écrit dans une sorte de journal, la génèse de son livre "Les faux-monnayeurs" en présentant les personnes qu'il a créées dans son roman.

Umberto Eco

Apostille au Nom de la Rose

Il ne s'agit pas directement d'un livre de déchiffrement de l'oeuvre, mais de précisions sur le contexte historique, "qui parle" dans le roman, l'explication sur le titre, le processus de création, le roman comme forme de narration, son lien avec le lecteur... L'intérêt de ce livre ici est celui qu'une oeuvre (Le Nom de la Rose) y trouve son corollaire explicatif, et non une description historique ou narratif du livre initial.

Henry James

La création littéraire

Dans un livre très dense de prèsde 400 pages, l'auteur revient sur ses oeuvres, en explique le sens de lecture, ses personnages, la façon dont il a eu ses idées, la structuration de chaque composition romanesque... C'est un livre peu connu, mais remarquable à plus d'un titre : les personnages et intrigues d'Henry James ne sont pas simples et évidentes au premier abord, et là, il nous dévoile ses "recettes" littéraires.

Francis Ponge

La Fabrique du pré, Le carnet du bois de pin, La figue de parole et pourquoi, Pour un Malherbe

Le poète, à chaque ligne, propose un cheminement proche de ce que lit le lecteur, dans un déroulé progressif dans lequel l'oeuvre se construit, se transforme au rythme de l'auteur écrivant et proposant à son lecteur de le suivre.

Le livre "Pour un Malherbe" théorise davantage les recherches stylistiques et littéraires de Ponge. Toute l'oeuvre de Francis Ponge est circulaire, fait référence à elle-même, à l'auteur, au lecteur, et aux liens étroits et imbriqués les unissant.

Georges Perec

La vie mode d'emploi

Dans un texte introductif assez long, l'auteur revient sur ses personnages, les liens entre eux, le procédé de la marche du cavalier et des carrés magiques, base mathématiques de la création de son livre.

Jacques Roubaud

La Bibliothèque de Warburg

L'écrivain explique la construction de son projet de poésie, de prose, de mathématique, avec des niveaux d'imbrication liés aux parenthèses, à seslivres déjà écrits (appelés "branches"). "La bibliothèque de Warburg" est un livre à part entière, relatant des pans de la vie de l'auteur, son projet d'écriture des livres précédents, détaillant la façon dont ils ont été rédigés, et les clefs de lecture : mono no aware avec les tanka japonais, le grand incendie de Londres, E (parties de go), ... C'est un meta-livre, autoréférent qui imbrique l'oeuvre complète de Jacques Roubaud.

Raymond Queneau
100 000 milliards de poèmes

Raymond Queneau en préface au texte explique comment et pourquoi ce procédé combinatoire est à l'origine du livre, et en donne quelques explications qui deviennent évidentes à la "lecture" des pages du texte (les vers). Voir la page sur Queneau dans ce site.