Un monde de livres

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LES LIVRES DE MOTS

 

JI LEE et Guillaume de la Croix ont publié des livres atypiques, curieux, drôles ou fantaisistes selon le regard que l'on y porte : chacun d'eux a présenté dans leur livre des mots du langage ordinaire de telle façon que la graphie, déformée a minima mais suffisamment créative, puisse décrire le mot qu'elle représente ou signifie.

Les mots nous sont tellement familiers que l'on trouve dans ces concepts une autre dimension de ces mots : cela est surprenant mais néanmoins concret. L'on peut symétriser un objet par un miroir, par des dessins ou formes géométriques, cela nous semble tout aussi naturel, mais sur des mots, il nous apparait que cela devient moins évident de prime abord.

L'un des premiers à avoir introduit ces compositions graphiques autour des mots est l'américain Douglas R. Hofstadter et les ambigrammes. Symétries horizontale, verticale, circulaire, les mots prennent une dimension auto-référente, double, à deux niveaux de lecture pour un même sens ou parfois des sens contraires dans un seul mot, c'est la magie des ambigrammes. Wordplay de John Langdon est un livre-image de référence sur les ambigrammes (même si internet regorge d'images sur sur le sujet).

Joel Guenoun, qui publie ses 'mots du mardi' notamment sur Facebook, crée toutes les semaines un mot, qui colle ou non à l'actualité, où la veine créatrice du mot en renforce le sens.

Les dictionnaires proposent des mots, des définitions, des synonymes, ... il pourrait être drôle et créatif d'un dictionnaire de mots qui parlent d'eux, de mots vivants. Certains y mettent plus ou moins de contrainte : par exemple, rester le plus proche possible du mot avec un déformation minimale mais suffisante pour combiner graphie/dessin/sens. D'autres donnent un contexte graphique plus riche pour illuminer les mots et renforcer le sens/le contexte. Il n'y a aucun "religion" en ce domaine, mais uniquement le plaisir des yeux, de la création en tant que telle et de voir que les mots tous les jours qui s'offrent à nous puissent être l'objet eux-mêmes de jeux ("objeu" si Francis Ponge nous permettait de reprendre un terme qui lui fut cher).

Nous avons dédié aussi une partie du site internet aux mêmes jeux de forme : les autologlyphes (un néologisme au même titre que les ambigrammes) dont les lettres, la graphie marient la forme, le sens, le contexte. Par exemple, dans le mot "oeil", la lettre o sera un oeil (puisqu'il est rond). De même avec le mot "golf" où le o serait une balle de golf, et le l un club (fer). Le mot "scotch" s'écrit avec des bouts de scotch en posés en forme de lettres (plusieurs bouts pour chaque lettre) pour former le mot. Nous n'irions pas dire que les mots et concepts sont infinis, mais le plaisir de voir des mots surgir, sortir de notre quotidien est attachant, ludique et communicatif aux jeux littéraires de façon plus large. Le dessin, la forme et le sens étant intiment imbriqués.